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Je ne suis qu'une enfant.

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BrouillonsEtGriffonnages

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Dormez, enfants, successeurs de la jeunesse.
Dormez, rêvez de paysages emplis d'allégresse.














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  • Création : 20/02/2009 à 07:35
  • Mise à jour : 20/02/2009 à 09:19
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Dans le bleu de l'absinthe.

.
L'ombre d'un prologue.


Mes prunelles paraissaient fades face à l'horizon, malgré qu'elles soient allumées par un or liquide. La mer effaçait tout et émerveillait les traits les plus doux par sa somptueuse beauté. L'eau translucide n'était que magnificence pour mes yeux éteints, vides de toute lueur, de toute flamme. Où était-donc l'incandescence dans mes pupilles, ces braises qui auparavant crépitaient au fond de mes iris ? Et mes pommettes vermeilles, rougies par des éclats de rire mal contrôlés ?
La brise légère caressait ma peau ivoire, le vent effleurant mes lèvres voluptueuses qui tremblaient imperceptiblement. Mes joues viraient à l'écarlate, comme autrefois, mais ce n'était que le mordillement de la froideur du mois de janvier qui les colorait. Je percevais la danse endiablée qu'entamait ma chevelure cuivrée avec le vent, sans pour autant tenter de la stopper. Mes jambes fines se balançaient dans le vide, dans le néant. Tout comme mes pensées, mes émotions, mes sentiments. Je nageais dans un océan de confusion aux tendances dérisoires, flottant dans une eau obscure qui ne cessait de noircir au fil du temps. Je mourrais, jetais mon âme dans les vagues violentes et la regardais couler.

« La mort, qui a sucé le miel de ton haleine, n'étend pas encore son empire sur ta beauté. »

Qu'était-il devenu ? Je n'en savais strictement rien, j'offrais ma confiance à mon imagination fantaisiste. Tout n'était que mensonges et créations, ce qui ne me contentaient qu'à peine, n'allégeant ma souffrance que d'une larme. Une de celles qui roulaient sur mes joues à présent, qui achevaient leur chute éperdue dans l'eau salée qui remuait sous mes pieds. A corps perdu je plongeai alors dans l'abîme de mes souvenirs, sachant qu'ils n'étaient qu'un gouffre sans fin qui brunirait mon c½ur en pièces détachées et couperait le flux de sang dans mes veines déchiquetées. Qu'étais-je ? Que faisais-je en vie alors que lui n'était pas à mes côtés ? Que deviendrai-je ? J'étais seule, inexorablement seule et je le resterai à jamais. Étais-je condamnée à endurer les maux que m'infligeait l'existence, à observer la plaie béante dans ma poitrine s'ouvrir et déchirer mes entrailles ? Était-ce seulement humain de pouvoir subsister tout en endurant tant de douleur, d'affliction ? Je ne connaissais pas les réponses et je ne souhaitais pas les connaître. Je laissais mon esprit divaguer dans des vagues de sanglots et de meurtrissures, je frôlais le masochisme en me laissant aller à ce point. Mes m½urs prenaient de l'ampleur, encore.
Mon histoire n'était qu'un mélodrame affligeant, que seuls les êtres meurtris pouvaient comprendre. Devais-je mettre un terme à cette vie qui n'avait pas de sens ? Les battements sourds de mon c½ur dans ma cage thoracique résonnaient dans ma tête comme ceux d'un tambour et cela me soulageait. D'après eux, J'existais encore.

« De ton regard limpide ne s'échappe que l'espoir translucide d'une vie
à la hauteur de tes yeux qui ne cillent.
»

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#Posté le vendredi 20 février 2009 07:44

Dans le bleu de l'absinthe.


Chapitre n°1 : L'abysse du souvenir.

J'eus besoin de temps, de silence et d'appréhension pour comprendre, mais j'y suis parvenue. J'ai appris, il y a de cela quelques poignées de secondes, que mes idées fonctionnaient mal, autant dire que mon organisme avait besoin de renouvellement. Que mes mots sonnaient faux et que mes angoisses scintillaient comme des étoiles dans le ciel de mes nuits. Que l'existence, le déboire et la satisfaction étaient synonymes là où je subsistais. Étrangement, cela ne me faisait absolument rien.
J'errais dans cette étroite ruelle, éclairée seulement par un vieux réverbère qui ne dégageait qu'une faible lueur opaline. Rien n'avait de sens, que ce soit mon existence ou le claquement de mes talons sur le sol humide. Vêtue d'une robe de coton blanc, je grelottais tant le froid mordait ma peau avec violence, mais je ne m'en rendais même pas compte. J'étais anesthésiée par l'émotion, ankylosée par le chagrin. Mes boucles de bronze tombaient sur mes épaules dénudées et mes prunelles topaze brillaient de larmes n'attendant que le signal pour déborder. Mais je les refoulais avec ténacité, je me battais avec force contre ma propre faiblesse. Bien que ce ne soit qu'une question de temps.
Le sang affluait dans ma bouche, je sentais son goût métallique sur le bout de ma langue. Je mordais ma lèvre inférieure, y enfonçant mes dents aussi tranchantes que luisantes férocement. J'avançais d'un pas vif, glissant sur le béton avec une grâce insoupçonnée, les poings tellement serrés que mes jointures blêmissaient. Soudain, je bifurquai et me retrouvai dans une rue adjacente, plus spacieuse mais surtout plus lumineuse. Je passai mes doigts glacés sur mon visage ivoire et redoublais de détermination, accélérant l'allure. J'allais surgir, d'une seconde à l'autre, et il me reconnaîtrait. Il ne me laisserait pas, pas cette fois. Je me stoppai brusquement devant un immeuble et pénétrai à l'intérieur au pas de course. M'élançant vers l'ascenseur, je m'y engouffrai avant que les portes ne se referment. Septième étage, il était au septième étage. Lui, mon c½ur, mon âme et mon esprit.

« Ne pleures pas, les gens ne doivent pas le voir, ils ne doivent pas voir que tu pleures. Il ne faut pas qu'ils sachent, ils ne comprendraient pas. »

Brusquement, je sortis de l'élévateur et me dirigeai vers la chambre. Sa chambre. Avec un courroux puissant, je tambourinai contre la porte blanchâtre, beuglant son nom d'une voix de martyre. Puis, subitement, je me rendis compte que mes faibles poings ne frappaient plus le bois. Ils cognaient son torse, son torse de marbre aux muscles d'acier. Le temps semblait s'être immobilisé, je ne percevais plus les pulsations de mon organe vital et mes doigts le frôlaient avec une délicatesse démesurée. Il n'y avait plus rien hormis ses pupilles azuréennes, son visage aux traits parfaitement dessinés et ses cheveux de jais tombant nonchalamment sur son front. Son teint blafard, son sourire en coin et ses lèvres agréablement symétriques. Il n'y avait plus que cette exquise personne en face de moi, il n'y avait plus que lui.
Néanmoins tout reprit vie, mon rêve se brisa et mes espoirs s'effondrèrent. Il me détailla, visiblement affligé, et secoua la tête vaguement. De sa main aux allures de merveille, il me repoussa brutalement, m'obligeant à reculer de plusieurs pas.

« Va-t-en. Et ne reviens pas. Poursuis ton existence, avec quelqu'un d'autre s'il le faut. Puis oublie-moi. »

Je le regardai, terrifiée. Il mentait, il ne pouvait que mystifier. Il m'escroquait de sa voix suave et inimitable, il jouait avec les mots. Tendant un bras frêle vers lui, je murmurai. « Tu n'as pas le droit... » Avec cette même cruauté, il le rejeta, frappant mon membre avec violence. Hébétée, je lui envoyai un regard en biais. « Tu ne peux pas... » Rugissant sa haine, il me plaqua contre le mur, m'emprisonnant de sa force herculéenne. Portant une main à ma gorge, il gronda. Je déglutis, chancelante. Puis, dans un souffle, sur un ton sec, cruel, fendant ma cage thoracique en deux, il m'ordonna.

« Oublie-moi, Ambre. »


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#Posté le vendredi 20 février 2009 08:00

Dans le bleu de l'absinthe.


Chapitre n°2 : Ironie doucereuse.

Pourquoi ne suis-je pas restée ? Aurais-je dû l'implorer à genoux, ranger mon néfaste orgueil au placard ? Rien ne me le prouvait, mais je me bornais à croire que mes erreurs étaient dues à ma fierté nocive. Etais-je machinale ou seulement naïve ? Que ce soit l'un ou l'autre, en cette humide soirée de janvier, j'étais recroquevillée sur un trottoir des rues parisiennes. Pleurais-je ? Si tel était le cas, je ne m'en apercevais pas. Les seules sensations que mon corps daignait discerner était le vide, un grand et inéluctable néant. Etait-il conscient de mon déboire ? Percevait-il mon manque ? Il était devenu mon addiction inexorable et permanente. Ma drogue, ma dose d'amphétamines, et je pesais mes mots. C'en était effrayant, épouvantable. Généralement, ce n'était que des mots en l'air, des expressions anodines pour décrire un amour incertain. Je me serais damnée pour que ce soit également cela.
Sauf que rien n'apaisait ma peine, j'avais besoin de lui. Il était une nécessité, la seule exigence de mon organisme mutilé. Etait-ce réellement possible ? Tout se mélangeait dans ma tête, les mythes, le palpable, les contes de fées. Qu'était-il ? Je ne subsistais pas dans un décor étincelant de multiples dorures, je ne faisais pas partie de ces dames aux grandes allures. Cependant, j'aurais dû me douter que je ne suffirais pas à la magnificence que m'avait offerte la nature, rien n'était assez beau pour son regard limpide. Pourtant, lors de ces jours qui m'avaient parut être des secondes, il m'avait choisie. Moi, Ambre. Il m'avait choisie.
J'accompagnai mes pensées d'un geste, je palpais mon c½ur, recherchant une once de vie. Rien, rien n'adoucissait mes maux. Pourtant, puisant dans mes dernières ressources, je me levai et tentai d'avancer. Je chancelai et m'appuyai au mur froid qui se trouvait près de moi. Devais-je revenir chez moi ? Non, je ne le pouvais. Je ne pouvais nommer quelconque endroit de « Chez moi » tant qu'il n'était pas à mes côtés. Ma place était avec lui, du moins j'en étais persuadée.

- Mademoiselle ? Vous allez bien ? m'interrompit une voix rauque.

Non, je n'allais pas bien. Je ne m'étais jamais sentie aussi mal dans ma courte existence, je venais de perdre une partie de moi-même. Et cette voix, ces banales intonations ! Comment pouvaient-elles égaler le miel de la sienne ? Foutaises, tout n'était qu'essais vains et désespérés. Rien, non, rien ne l'égalerait.

- Qu... Qui êtes-vous ? balbutiai-je, titubante.
- Ne vous inquiétez pas, je ne vous veux aucun mal.

Aucun mal ? Comment pouvait-il parler de mortification alors que je mourrais sous ses prunelles... Adorablement cuivrées ? J'avais osé lever les yeux vers lui et détaillai à présent son visage. Il me souriait, me tendait la main. Sans réfléchir, je la saisis, sans le lâcher du regard.

- Je suis Evan, mademoiselle, maugréa-t-il de son ton trop grave pour la finesse de ses traits .
- A... Ambre, réussis-je à formuler.

Il me dévoila ses dents blanches et luisantes en un sourire soulagé. Le mien s'était figé en une grimace effarée. « Evan. » Il se nommait Evan. Tout comme mon Evan. Mon oxygène, la raison de ma survie. « Evan. » Il se nommait Evan.

« Lorsque l'ironie doucereuse d'une déplorable existence survient,
l'horreur atteint son paroxysme.
»

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#Posté le vendredi 20 février 2009 08:11

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